
La Cour
pénale internationale (CPI) est une cour indépendante permanente
devant laquelle sont jugées les personnes accusées des crimes les
plus graves qui touchent la communauté internationale, à savoir
les crimes de génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes
de guerre. La CPI a été fondée en vertu d’un traité signé par 105
pays.
La CPI est
saisie en dernier recours. Elle n’intervient pas lorsqu’une
affaire fait l’objet d’une enquête ou de poursuites dans un
système judiciaire national, sauf si ces procédures ne sont pas
menées de bonne foi, par exemple si elles ont été engagées
officiellement, uniquement pour soustraire une personne à
sa responsabilité pénale.
En outre, la
CPI ne juge que les personnes accusées des crimes les plus graves.
Dans toutes
ses activités, la CPI respecte les normes les plus strictes
d’impartialité et d’équité. La compétence et le fonctionnement de
la CPI sont régis par le Statut de Rome.
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Si de
nombreux procès pour crimes de guerre se sont déroulés après la
Seconde Guerre mondiale, devant le tribunal militaire
international de Nuremberg et d'autres cours de justice, il
manquait aux Nations unies une juridiction pour juger les crimes
de génocide. L'absence de cette pièce dans l'ensemble des
institutions qui constituent l'Organisation des Nations unies
s'est fait sentir. Car si la Cour internationale de justice fut
instituée comme l'un des principaux organes de l'ONU, elle n'a
aucun pouvoir pour juger les individus : elle est habilitée pour
juger des litiges opposant des États et pour émettre des opinions.
Dans sa
résolution 95 (1), du 11 décembre 1946, l'assemblée générale de
l'ONU affirmait les principes de droit international reconnus dans
la charte du tribunal de Nuremberg. Ces principes reconnaissaient
que toute personne présumée responsable d'actes qui constituent
un crime selon le droit international et, plus spécifiquement, qui
relèvent des crimes de guerre, des crimes contre la paix ou contre
l'humanité, est passible de châtiment.
Dans sa
résolution 96 (1), approuvée le même jour, l'assemblée générale
affirmait que le génocide est un crime de droit des gens et
lançait le projet de rédaction d'une Convention sur le génocide.
le 9 décembre 1948, elle approuvait la Convention pour la
prévention et la répression du crime de génocide, qui prévoit que
«les personnes coupables de génocide seront traduites devant les
tribunaux compétents de l'État sur le territoire duquel l'acte a
été commis, ou devant la cour criminelle internationale qui sera
compétente». la Convention reconnaissait ainsi la possibilité d'un
procès pour génocide devant une cour pénale internationale dans la
mesure où une telle juridiction serait instituée, mais il y aura
peu d'avancées jusqu'à la fin de la guerre froide.
En 1993, le
Conseil de sécurité instituait un tribunal pour les crimes commis
en ex-Yougoslavie depuis 1991. Ce tribunal pénal international
reçut comme mission de juger les personnes présumées responsables
d'avoir violé la Convention de Genève de 1949 et le droit de
guerre, soupçonnées de génocide et de crimes contre l'humanité. De
nombreuses personnes ont été inculpées pour génocide et les procès
ont commencé à la Haye, où le tribunal est basé. Un tribunal
analogue fut institué par le Conseil de sécurité en 1994 pour
génocide et autres violations des droits de l'homme dans le cadre
de la guerre civile au Rwanda.
Depuis 1993,
l'assemblée générale des Nations unies s'achemine vers la création
d'une cour pénale internationale permanente. En 1994, le sixième
comité de l'assemblée générale approuva une proposition de statut
pour cette cour. Un comité préparatoire pour la création d'une
cour pénale internationale se réunit à New -York, avec pour
mission de rédiger et de proposer une révision du texte, qui
serait soumis à une conférence internationale devant se réunir
pour approuver un projet de statut instituant la nouvelle cour.
Le 17
juillet 1998, après un mois de travaux, la conférence, réunie à
Rome, adoptait le statut de Rome de la cour pénale internationale.
Ce statut autorise la nouvelle juridiction à juger les individus
pour crimes de génocide, crimes contre l'humanité, crimes de
guerre, et agression (si les parties contractantes parviennent à
s'accorder sur une définition de l'agression). Toutefois, le
statut limite les pouvoirs de la cour en exigeant qu'elle soit
saisie par le Conseil de sécurité des Nations unies, ou que l'État
dont le suspect détient la nationalité, ou sur le territoire
duquel le crime a été commis, soit une partie contractante du
traité. D'où il découle que si un génocide ou un autre acte grave
est perpétré dans un État non signataire par son dirigeant, ce
dernier ne pourra être inculpé, même s'il voyage à l'étranger, à
moins que le Conseil de sécurité ne saisisse la cour. Rappelons
qu'une requête ne pourrait être soumise à la cour si l'un des cinq
membres permanents du Conseil de sécurité exerce son droit de
veto. Le statut de la cour autorise les parties contractantes à
quitter pendant une période de sept ans la zone juridictionnelle
de la cour pour tout ce qui a trait aux crimes de guerre.
La cour sera
instituée par 60 États. Seuls les crimes commis après
l'institution du tribunal pourront être jugés par ce dernier. En
dépit de tous ces freins, la création d'une cour pénale
internationale représente une avancée certaine pour l'humanité.
Source :
Article de David Krieger. "Le livre noir de l'humanité
"Encyclopédie mondiale des génocides. Editions privat.
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